4 juillet : Aujourd'hui permission accordée

Aujourd'hui je m'accorde la permission de parler de l'accouchement. Exprimer librement tout ce qui me vient à ce sujet.
Ce n'est pas facile d'en parler là où je suis lue. Je n'ai pas envie qu'on me réponde, je n'ai pas envie d'un débat, ni même d'une discussion avec des gens qui partageraient mon avis. J'ai juste envie de poser mon état d'esprit du moment, sans trop de parasitage extérieur, et sans craindre d'emmerder qui que ce soit.
Alors quoi ?
J'ai envie d'en parler avant, pour pouvoir confronter à l'après avec honnêteté (je me méfie des souvenirs qui s'effacent ou se transforment si facilement).
Je sais que je peux y réfléchir et y travailler aussi longtemps que je veux, qu'il y a une part d'inconnu telle que ça ne servira pas forcément à grand-chose le jour J. En témoigne l'accouchement de cette copine, en 40 minutes chrono, qui me raconte n'avoir eu le temps de rien, ni de respirer correctement, ni de mettre en pratique les exercices de sophrologie, ni de chercher sa position d'accouchement.
Ne pas trop investir l'expérience, tout en plongeant tout de même les mains dedans, jusqu'aux coudes ; il me semble que l'accouchement physio demande une présence active, volontaire, là où avec une péridurale on peut se laisser un peu porter par les évènements. C'est la chanteuse solo face à la choriste, un peu.
Ce ne seront que quelques heures. J'ai souvent envie de les comparer à un marathon, ou au fait de se faire faire un tatouage. Ces quelques heures peuvent avoir une place particulière pour le restant de mes jours, ou pas. Ce n'est pas le fait de donner naissance qui compte ; ce sont les années qui suivent.
Et puis aussi, à mon sens, mais j'ai bien conscience que cette vision peut être problématique, l'accouchement, c'est une épreuve qui me concerne moi, c'est une expérience de ma vie à moi. Pas tellement celle de l'enfant qui naîtra. Je sais pourtant qu'il n'est pas forcément passif, le fœtus qui s'apprête à devenir nourrisson. Et puis clairement, il est quand même un peu central dans le processus. Pourtant... Je ne sais pas. J'ai du mal à considérer que c'est un travail d'équipe. 
Bon donc, comment ça s'est passé ?
L'idée qu'on récupère mieux après m'a séduite. Puis j'ai découvert que ça pouvait être une expérience qui colorait d'une manière particulière la vie des femmes qui l'avaient vécue. Qu'on pouvait en tirer un sentiment de puissance. Oh là là, exploiter un accouchement à des fins de développement personnel ? Ma foi... Ça manque de noblesse, mais oui, il y a un peu de ça. Si ça peut me donner du carburant, ou de l'huile ou un truc pour m'aider à naviguer dans la suite de ma vie, ça m'intéresse, évidemment.
Et puis la curiosité scientifique/magique : je sais que si je parviens à éprouver la connexion corps-esprit aussi puissamment qu'Ina May Gaskin le décrit, j'en tirerai une grande satisfaction. Un peu comme les séances de spiritisme me fascinaient ado, ou comme la magie décrite par Elizabeth Gilbert me charme : ça fait de bonnes histoires. J'ai du goût pour l'épatant, l'incroyable mais vrai.
Si un mantra de type "Je m'ouvre en grand" et des images de fleurs s'épanouissant m'aident à accoucher, bien sûr que ça m'intéresse.
A priori, je me sens capable d'endurer la douleur quelques heures. Mais je n'ai connu que celle de la première phase de travail, avant la phase de transition où l'on passe aux choses sérieuses, semble-t-il. J'ai peur d'avoir trop confiance et de tomber de haut le jour venu. J'ai le sentiment que c'est faisable. Je garde à l'esprit que j'ai tellement douillé les 3 semaines qui ont suivi mon premier accouchement, et avec un tel désespoir (image de A démuni, impuissant, lointain) ; que du coup, une douleur même atroce pendant quelques heures, bien entourée, sera toujours moindre que la souffrance endurée seule à l'époque.

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